L’expérience PSIJ | Regard depuis les lignes de côtés


En tant que coordonnatrice du volontariat pour SUCO au Pérou, j’ai tout un privilège. Le privilège d’accueillir et d’accompagner les stagiaires et les volontaires qui viennent partager leur expertise et leurs connaissances avec nos partenaires de la société civile. C’est un privilège, parce que je me retrouve ainsi aux premières loges de cette expérience profondément humaine, qui transforme assurément ceux et celles qui osent se lancer.

En juin dernier, j’étais à l’aéroport de Lima pour accueillir la première cohorte de stagiaires du nouveau programme PSIJ. C’est toujours un moment chargé en émotions. Un mélange d’insécurité, de curiosité, d’appréhension et d’excitation. Et des questions; tellement de questions! Cette soif de comprendre, saisir, découvrir, que je ne peux malheureusement pas combler sur le coup. C’est un processus très personnel, souvent intérieur. La patience et le temps finiront par combler cette curiosité.

Les stagiaires PSIJ Pérou et leur coordonnatrice durant leur formation de mi-mandat. De gauche à droite : Christine Latendresse, Dahlia Jiwan, Caroline Wegner Tolio, Marine Hardy, Sarah Toulouse, Zoé Fahrni et Alexandru Beg. (Crédit photo : Suco)

Il et elles sont maintenant sur le terrain depuis 4 mois, et c’est incroyable le chemin parcouru! Au gré de nos appels de suivi et de nos différentes discussions, nous avons abordé des thématiques aussi variées que la notion de privilèges, les différentes structures organisationnelles, la cohabitation et le renforcement de capacités. Nous avons remis en perspective les façons de faire, les idées préconçues. Et à travers tout ça, je les ai vus évoluer.

Je les ai vus tourner en rond à l’occasion, se questionner, se tromper. Je les ai vus douter d’eux, de leurs compétences et de la pertinence des leurs actions. Se buter à leurs limites, qu’elles soient personnelles ou professionnelles. J’ai entendu dans leurs voix, dans leurs larmes aussi parfois l’agitation, la tempête, la colère, la tristesse. Senti la frustration et les attentes déçues.

Je les ai aussi vus lâcher-prise, se repositionner, s’ouvrir. Surtout s’ouvrir en fait. À différentes façons de faire, de communiquer, de travailler. S’ouvrir aussi à différentes facettes de leurs personnalités, se découvrir. S’ouvrir aux possibilités et aux nouvelles opportunités. J’ai entendu dans leurs voix la fierté des petites et grandes réussites, la légèreté des bonnes journées et des impasses soudainement résolues ; senti l’atteinte d’une certaine zone de confort.

Et dans cette aventure, dans ces échanges avec les stagiaires, je grandis aussi. J’ai été amenée à prendre du recul, à mettre sur pause la frénésie du boulot et revenir à la source. Revenir à cette première expérience de volontariat qui a été décisive pour moi, qui a forgé celle que je suis. Aux questions et remises en question qui m’habitaient alors. Et assurément, je me dis que c’est tout un privilège que j’ai, de pouvoir revivre ces moments, ces émotions et ces découvertes à travers leur regard. Un regard à jamais changé sur la vie, sur soi, sur l’autre.  


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Sarah Toulouse

Coordonnatrice du volontariat pour SUCO au Pérou.

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