Moment de prise de conscience : retour aux bases


Pour mon tout premier atelier de formation avec les producteurs et productrices travaillant avec mon partenaire de stage, j’avais organisé une mise en scène qui favoriserait l’échange et la réflexion sur leur marque de
produits.

Puisque ces personnes n’ont pas nécessairement de nombreuses connaissances en marketing, j’avais aussi préparé un atelier collaboratif avec des réflexions de groupe et des exemples péruviens concrets qui les toucheraient. Au programme : des discussions sur ce qui les représente comme groupe et sur les valeurs et les attributs à véhiculer par leur marque et leurs produits. J’avais prévu de parler du nom de leur positionnement de marque, des couleurs et des mots clés qu’ils et elles préféraient et qui, à leur avis, les représentaient le mieux. Après cet exercice, j’aurais la tâche de colliger
l’information et de créer un brief clair pour notre designer à Lima (la portion facile pour moi!) qui renouvellerait les étiquettes de produits avec les indications que je lui donnerais.

J’étais familiarisée avec ces tâches et sûre de savoir ce que je voulais tirer de cet exercice. Bon, il fallait faire le tout en espagnol (petit détail!), mais ça allait être un défi à relever durant l’atelier.

Nous sommes à environ une semaine de l’atelier de groupe. Je suis prête à présenter mon travail à ma patronne, dont la spécialité n’est pas le marketing, mais bien les enjeux d’égalité homme-femme de la région.

Je commence donc ma présentation. Nous en sommes à peine à la page 2 quand elle me demande candidement : « oui, mais dis-moi, c’est quoi, une marque? »

Une question toute simple, mais qui fait s’écrouler tout mon plan. Je reste sans mot un instant, comprenant qu’il me faut revenir aux fondements du marketing. C’est quoi, une marque? Pour moi, c’est logique et évident puisque je travaille dans le milieu depuis bientôt 10 ans. Je commence à lui résumer les concepts de l’image de marque. Qu’il s’agit de plus qu’un nom, plus qu’un simple logo ! Ma patronne me regarde avec de grands yeux et m’écoute avec intérêt. Je me rends alors compte que c’est en effet compliqué et abstrait!

C’est à ce moment que je comprends que je suis partie trop loin en avant. Je dois reculer et repartir à la base. Confrontée avec moi-même, je comprends un peu mieux ma raison d’être ici : partager mes connaissances avec les producteurs et les productrices, en partant de la base, car tout concept de marketing les aidera et leur sera précieux. Ce ne sont pas les grandes stratégies qui leur seront utiles à ce stade-ci, mais plutôt des éléments fondamentaux afin de vendre davantage leurs produits.

¡Está bien! Je suis retournée à mon bureau, me suis installée devant mon ordinateur pour refaire mon atelier, avec humilité.

Un bel apprentissage, comme quoi, peu importe dans quel environnement (et peu importe le pays!) on se trouve, il faut savoir s’adapter à son public cible !

 


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Christine Latendresse

Pour l’expérience enrichissante que cela pourra m’apporter, pour la découverte d'une autre culture, pour me sortir de ma zone de confort et finalement pour mettre à profit mes compétences en marketing dans un but plus  « humain ».  

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