Mission accomplie! Bilan et réflexion sur la mission


(Cet article est la suite de mon précédent article intitulé Ma mission dans la région d’Ancash)

Comme prévu, les trois journées de voyages dans la région d’Ancash, au Pérou, ont été bien rempli : nous avons parcouru plusieurs dizaines de kilomètres dans les montagnes, bravé un climat capricieux, mais surtout, nous avons eu la chance de tisser des liens, d’en renforcer d’autres, de développer nos habiletés de communication et d’ouvrir nos horizons.

Atelier de réflexion: “Cartographie des parties prenantes” crédit photo: inconnu

Retour sur l’atelier et enjeux identifiés

Notre objectif principal qui était d’effectuer le diagnostic de la participation des femmes dans la direction des coopératives, notamment leur présence au sein des différents comités, a été atteint. En effet, dans toutes les coopératives, les femmes occupent des postes de présidente ou de vice-présidente, il en est de même au sein de plus de la moitié des comités. Cependant, la présidence du conseil d’administration demeure aux mains des hommes, mais cela pourrait bientôt changer. Il est important de souligner que la plupart des organisations rencontrées n’existent formellement que depuis l’année dernière, voire moins. Quant aux comités, leur mise sur pied est obligatoire en vertu des actes légaux qui créent la coopérative, mais il ne figure aucune information sur la proportion de femmes et d’hommes qui doivent y siéger. 

Ainsi, lorsque nous demandions aux femmes des différents groupes les raisons pour lesquelles elles n’occupaient pas de postes dans la direction ou n’étaient pas présidente, elles ont fréquemment répondu qu’elles n’étaient pas encore « rendues là » à cause de la récente mise sur pied des comités. Cela dit, nous avons obtenu plusieurs réponses qui ont mises en lumière deux enjeux majeurs de l’égalité entre les femmes et les hommes dans le contexte rural de la région andine du Pérou :

  • Les femmes sont extrêmement réservées, il est difficile pour elles de s’exprimer en public, souvent en raison d’un manque de confiance causé par une peur de se tromper ou d’être ridiculisées.
  • Le machisme est fortement ancré dans la société péruvienne et les attentes envers les femmes sont très élevées. Elles doivent être à la fois agricultrices, productrices, transformatrices, vendeuses, mères, épouses et administratrices du foyer. De plus, en raison du contexte économique, les hommes doivent souvent quitter le foyer pour des périodes plus ou moins longues, laissant les femmes en charge.

Un regard tourné vers l’avenir

Les femmes et les hommes que nous avons rencontrés nous ont toutefois parlé d’égalité, de travail et d’espoir pour l’avenir.

Ils ont souligné des changements qui, lentement, sont en train de s’opérer. Contrairement à leurs parents, les plus jeunes, hommes et femmes, partagent les responsabilités et s’appuient au quotidien dans les différentes tâches, comme les activités productives et le soin des enfants. Certaines femmes nous ont raconté qu’elles sont impliquées non seulement dans la coopérative, mais aussi dans des espaces communautaires comme les écoles et les marchés. À notre question à savoir si les hommes encouragent les femmes à participer dans les divers aspects de la vie familiale et communautaire, ceux-ci ont répondu par l’affirmative, mentionnant que les femmes doivent participer et qu’ils sont heureux de voir que les femmes s’impliquent dans différentes activités. Cependant, des actions concrètes n’ont pas encore été mises en œuvre, mais, il demeure important de reconnaître cette ouverture et cette volonté d’amélioration.

Quant à l’espoir, ce sont les enfants qui le représentent. Nous avons pu discuter avec les membres des coopératives de l’importance de leurs organisations pour l’avenir des membres actuels, mais surtout de celui des jeunes. En ce sens, nous avons souligné l’importance d’une part, de transmettre les connaissances aux jeunes et aux enfants afin qu’ils puissent perpétuer les activités communautaires et productives et d’autre part, de favoriser leur participation aux activités de la coopérative. Effectivement, la coopérative est une occasion incroyable pour les personnes jeunes de pouvoir demeurer dans leur communauté et de contribuer à endiguer l’exode rural. De plus, les personnes jeunes contribuent à la fois à la vitalité de leur région. Par ailleurs, un élément clé durant les discussions a été la nécessité d’encourager les filles et les jeunes filles à s’exprimer, à donner leur opinion et à s’impliquer, sans gêne et sans crainte.  

Une expérience plus qu’enrichissante 

Il est impossible de parler de cette visite sans mentionner l’incroyable appui de l’équipe du partenaire, Allpa au cours de cette mission. Cela a toujours été un réel plaisir de travailler avec cette équipe et d’être témoins de leur engagement auprès des communautés. Grâce à leur excellente connaissance du terrain et du contexte de chacune des organisations rencontrées, le lien de confiance a pu être rapidement créé et le dialogue, efficace. À ce titre, la maîtrise du Quechua de nos accompagnateurs (ce n’est pas encore le cas des accompagnatrices) a été essentielle. Nous avons été très bien accueillies dans toutes les coopératives, les gens étaient souriants et semblaient heureux de nous rencontrer. À la fin des ateliers, nous avons été conviées à partager un repas ou une collation, notamment les délicieuses fraises de San Luis et les pommes de terre fraîchement cueillies de Doña Aniceta à Ogsapampa.

Culture de fraise à plus de 3000 mètre d’altitude à Saint Luis crédit photo: Marie Létourneau

Malgré les différences et la barrière de la langue, c’est la curiosité et la découverte de l’autre qui ont primé au cours de ce voyage! C’est également ce genre de rencontre qui donne tout son sens au travail que nous effectuons depuis Lima. Évidemment, les ateliers présentés durant ces trois jours ne changeront pas le monde du jour au lendemain, mais reflètent un des plus beaux aspects de la coopération internationale qui est : la rencontre d’univers différents, qui permet à chacune et chacun de jeter un regard différent sur son monde.


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Marie Létourneau

J’ai choisi de partir au Pérou avec SUCO afin d’acquérir une nouvelle expérience de travail dans un milieu qui me permettra de développer mes capacités et mes horizons, tant au plan professionnel que personnel.

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