Les craintes et les surprises d’une stagiaire au Honduras


Les menaces pré-départ

Avant de me lancer pour de bon dans ce stage de six mois à l’étranger, une multitude de questions, mais surtout de craintes, m’assaillaient. Effectivement, en acceptant ce poste au Honduras, je me suis rapidement tournée vers le merveilleux monde de l’Internet et sa facilité à confirmer nos craintes en présentant toujours l’aspect négatif d’un sujet. Dès mes premières recherches sur mon pays d’accueil, je suis tombée sur des articles relatant des sujets tels que la « Violence auprès des femmes au Honduras », « Voyager seule au Honduras », « Taux de féminicide au Honduras ». En y repensant, j’aurais vraiment dû demander à Google de l’information sur des aspects plus positifs de mon voyage imminent, mais il me fallait explorer les possibles dangers avant de me concentrer sur les richesses du pays.

C’est donc ainsi, la tête pleine de nouvelles relatant les nombreux dangers que courent les femmes au pays, que j’avançais dans ce mandat deux pas vers l’avant et un vers l’arrière, ou comme le disait ma grand-mère, « on avance, mais on n’est pas trop sûr ». Il faut dire que SUCO m’avait bien préparé pour faire face à ces changements au niveau de ma sécurité et m’avait outillé pour m’adapter le mieux possible au contexte culturel. Ainsi, j’avançais toujours.

Dès mon arrivée, j’ai dû me rendre à l’évidence que les six mois que je m’apprêtais à vivre n’auraient rien à voir avec les statistiques moroses que me proposait l’Internet. En discutant avec les femmes du pays, j’ai réalisé qu’elles étaient constamment aux aguets, toujours conscientes du danger qui leur pèse au pays. Elles discutent du progrès avec une clarté étonnante et surtout motivante. Sans cesse, elles me parlent des projets mis sur pied pour offrir aux femmes du pays les mêmes opportunités professionnelles et personnelles auxquelles ont droit les hommes. Elles me présentent les différents mouvements qui protestent et travaillent avec acharnement pour rétablir un équilibre entre les deux genres. En effet, je pourrais discuter longuement des sombres statistiques à leur sujet, mais la vérité est qu’elles-mêmes ne les utilisent pas comme argument pour propulser leur révolution. Elles se concentrent seulement sur l’avenir et sur le changement qu’elles désirent apporter quotidiennement.

 

Une organisation aux allures d’oasis

Et Pouf! J’étais arrivée sur mon nouveau lieu de travail. Encore ébahie par les alentours et tout ce changement, le Centre Culturel Hibueras m’ouvrait ses portes et les gens qui y travaillent me tendaient la main. Celui-ci se présente comme un lieu unique dans le département de Santa Barbara au Honduras.

Une partie de l’équipe du Centre Culturel Hibueras. Crédit photo : Heïdi Bastien

Les gens qui y travaillent et les jeunes qui y suivent des cours composent une sorte de micro-organisme où le développement communautaire est la clé et où les idées innovantes et créatives sont encouragées à plein régime. Avec un volet scolaire et un autre centré sur le développement de projets au service de la communauté, l’équipe d’employés et d’employées regroupe un corps professoral passionné, des techniciens et techniciennes pleines de talent et des enfants débordant d’énergie et de soif d’apprendre.

De belles paroles pour simplement dire que je me sens bien ici!

D’ailleurs, c’est probablement parce que les gens qui côtoient le centre ne s’insèrent pas dans le moule du machisme qui oppresse les femmes du pays.

Avec une équipe de professionnelles majoritairement composée de femmes de tête et d’hommes s’impliquant fièrement auprès de mouvements féministes, on a vraiment l’impression que le centre culturel gagne sur la réalité machiste qui peut être vécue ailleurs dans le pays. Cette énergie positive et cette vision d’égalité des genres sont transmises aux élèves qui s’épanouissent autour de principes d’apprentissage favorisant l’ouverture d’esprit.

Si je devais résumer mon expérience jusqu’à présent, je le ferais en admettant fièrement que l’ouverture d’esprit des personnes qui m’entourent dans ma nouvelle vie est sans aucun doute leur meilleur atout. Elles sont avides de changement et veulent mettre leur pays sur la carte avec des projets réformateurs qui attaquent leurs plus grands enjeux.

 

Une collection d’échanges victorieux

Enfin, mon expérience face à l’égalité des genres au Honduras se ponctue avec une multitude de conversations enrichissantes. Je les calcule comme des petites victoires vers un avenir éclairé. En voici quelques exemples :

  • Une première rencontre avec un collègue masculin qui me serre la main et après une courte discussion me parle de son implication au sein d’un mouvement féministe du Honduras.

 

  • Classe de jeunes étudiants et étudiantes au Centre Culturel Hibueras. Crédit photo : Heïdi Bastien

    Un jeune étudiant, dans le cadre d’une activité, mentionne que la valeur de l’égalité figure comme l’une des plus importantes pour lui, surtout l’égalité entre les genres, car il ne peut concevoir que ses sœurs et ses cousines n’obtiennent pas les mêmes chances que lui.

 

  • Discuter avec ma professeure d’espagnol des biais patriarcaux dans nos langues respectives et finalement partager sur l’avenir de nos langues qui pourraient facilement employer des pronoms neutres. Lui souligner aussi qu’on emploie déjà ces pronoms pour désigner les personnes qui ne s’associent à aucun genre ou qui ont un genre fluide. Cette conversation fut d’ailleurs très éclairante, car elle n’avait aucune idée que plusieurs individus s’identifient ainsi.

 

Alors quand est-il de mes appréhensions pré-départ?

Après maintenant 4 mois sur le terrain, je repense à mes appréhensions et je réalise que toutes les ressources offertes par SUCO ont fortement contribuées à mon bien-être. Le support constant que je reçois de la part du siège social et de mon coordonnateur a hautement contribué à dissiper mes craintes et me permet de découvrir les belles richesses du pays en toute sécurité.

Ne t’en fait pas maman, je me porte à merveille!


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Heïdi Bastien

Ce stage en coopération internationale est une merveilleuse occasion! Le mandat concorde parfaitement avec mon domaine d’études et avec mes aspirations professionnelles.

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